DJ Koss: rencontre

Interview - Le 18/03/2013 par Alice

Les amis de mes amis sont mes amis.

Les amis de mes amis sont mes amis.

Nous avons eu l'occasion de découvrir Deejay Koss lors de l'une ou l'autre soirée liégeoise, notamment lors du mémorable 40ième anniversaire du parrain du mouvement à Liège, Deejay Sonar. A l'occasion de la sortie récente du clip de Stare Into The Mirror, nous avons voulu lui tendre le dictaphone afin de faire connaissance avec un jeune DJ Liégeois plein de promesses.

Qui est Koss? Quelles sont tes influences? Comment as-tu commencé la musique?

Je suis né le 28 mars 1987 à Liège, mon père est Grec, ma mère est Belge. Koss, c'est avant tout une grande histoire d'Amour avec un mouvement, une culture, un état d'esprit. J'ai découvert le Hip-Hop, d'abord inconsciemment, entre 1987 et 1993, via RUN DMC avec Ghostbusters II, ensuite avec l'attitude funky des Tortues Ninjas puis le breakdance dans les clips vidéos sur MCM ou MTV. C'est la télévision qui a véhiculé ce mouvement jusqu'à moi et c'est la ville de New-York qui, sans le savoir, a bercé mes jeunes années. Consciemment, la première leçon, c'était l'école Marseillaise, avec notamment L'Ecole Du Micro D'Argent de IAM, je commençais à écouter les lyrics et à lire le livret pour mieux comprendre ce que disaient Akh & Shu. Je devais avoir 10 ou 11 ans mais encore une fois c'était un son purement New-Yorkais, tout a été mixé et masterisé à Big Apple. Il y a eu aussi Wu-Tang Forever du Wu Tang Clan, la même année en 1997, ma mère me l'avait offert; le maxi Bled Runner de Starflam, les mixtapes de Grazzhoppa... Voilà pour les premiers contacts avec la culture, ensuite, place au Diggin' et aux fouilles archéologiques !

Il faut se rappeler qu'à l'époque, on écoutait vraiment un album, on avait un rapport quasi affectif avec lui, on était pas interrompu par un tweet, un mail, un appel... et toutes ces petites choses qui font que les gens d'aujourd'hui se sentent débordés et n'ont plus le temps alors qu'ils sont tranquillement chez eux. Ça a modifié radicalement notre rapport à la musique ! D'où l'importance du vinyle dans mes projets...

Pour mes influences, je suis très attaché aux racines et à ce que nous ont légués les générations précédentes : Isaac Hayes, Curtis Mayfield, James Brown, Maceo Parker, Bob James, Ahmad Jamal, Cal Tjader, Lonnie Leston Smith, Grover Washington Jr, Funkadelic, Les Mccan, Millie Jackson, Yusef Lateef, ... Ensuite, il y a ceux qui ont utilisé cet héritage pour en faire quelque chose de nouveau, une synthèse des 30 voir 40 dernières années et nous la mettre en pleine tronche : Pete Rock, DJ Premier, Large Professor, J Dilla, Showbiz, Buckwild, Lord Finesse, Alchemist, DJ Muggs, RZA, Dr.Dre, Prince Paul, Easy Mo Bee,... bref ici aussi la liste est longue !

Mes premiers pas dans le Hip-Hop, c'était le breakdance dans mon salon, en essayant d'imiter les moves que je voyais à la télé pour finalement aboutir vers mes 15-16 ans à la destruction de la platine familiale de marque Lenco (RIP) en essayant de faire mes premiers scratchs avec, et pour l'accompagner, j'avais une énorme table JB Systems avec un crossfader dur comme du béton...

Une autre claque c'était les interludes de Roc Raida dans la mixtape-vidéo Zoo York en '98, et plus localement des showcases de Daddy K chez Dune 2000 (Liège), je me suis vite débrouillé pour trouver 2 Technics SL1210 MK2, une vestax PMC05 et l'aventure pouvait enfin commencer ! L'étape qui a suivi c'était les skeuds, mon disquaire préféré était Music Mania à Bruxelles, le shop où taffait Lefto à l'époque, c'est là que j'ai fait mes premières trouvailles, une bonne partie de mes économies partaient là-dedans... Avec du recul, c'était un très bon investissement!

Raconte nous ta rencontre avec le New Yorkais Craig G, le cheminement jusqu'à l'EP The Legacy.

La collaboration avec Craig G, je la dois en partie à 12Finger Dan, mon pote Allemand de Hamburg, moitié du groupe Soulbrotha avec B-Base. Je l'ai rencontré à Cologne, il y a plusieurs années à une soirée avec Primo où Blaq Poet était présent aussi. On s'est échangé nos coordonnées et on a gardé contact, voilà comment le lien s'est fait. Lui avait déjà travaillé avec Craig G pour son album "Collector's Item" donc je lui ai demandé le contact et le reste c'est notre histoire. Craig G a toujours été un freestyler et un MC de battle, c'est lui qui a battu Supernatural en 94' au New Music Seminar à New York, il avait donc pour moi les qualités que je recherchais chez un MC pour parler du thème que je voulais explorer. The Legacy, c'est cette notion d'héritage, de patrimoine à défendre et à transmettre. On est dans une ère tellement formatée et normative, qu'on oublie que le Hip Hop est un mouvement, un état d'esprit avant d'être quelque chose qu'on fait pour telle ou telle raison.

Craig G c'est vraiment le gars qui écrit comme il respire, pour le morceau Stare Into The Mirror par exemple, je lui ai envoyé à 12h et à 18h je l'avais déjà reçu terminé, bouclé.

Sinon on croit fermement, ici en Europe et aux États-Unis, qu'on est évolués et dans une dynamique saine mais je pense que c'est tout le contraire. On doit réapprendre tout ce qu'on ne nous a pas transmis pour s'adapter à la vie aujourd'hui, chaque génération à sa part de responsabilité dans la situation actuelle mais si personne ne se prend en main pour faire changer les choses à son niveau alors il n'y a plus d'espoir. Pour moi mon espoir, c'est ce que je fais.

Comment s'est passé le tournage du clip?

C'est la partie la plus drôle de l'histoire. En appelant Craig le jour de notre rendez-vous, j'entends une grosse voix qui me dit : "Craig est en prison, il ne pourra pas être présent pour le clip, veuillez l'excuser...", puis il éclate de rire, on a commencé à discuter de l'heure, du temps, des conditions de tournage et une fois dans le Queens, il dit à Ray Ishido (Didier, le réalisateur) : "Let's make some arty shit !", sous entendu faisons un truc conceptuel, pas comme d'habitude, devant le miroir tu vois ce que je veux dire ?! On s'est regardé, on a été chez un Chinois acheter un miroir et le truc était fait. C'est aussi un caractère fort, un grizzli, un mec qui se laisse pas marcher sur les pieds donc quand il a une idée, il aime que ça se passe comme ça et pas autrement. Je n'ai jamais eu de complexe envers qui que ce soit dans mes collaborations mais quand un mec a déjà fait ses preuves des centaines de fois, on apprend aussi à faire confiance et à suivre un feeling, une inspiration du moment, c'est parfois là que se passent les plus belles choses: quand on arrête de vouloir tout contrôler et tout définir à l'avance.

Jamaica Queens, c'est là que Craig vit. Dre, son ingé son, vit quelques maisons plus loin et c'est dans son arrière cour près de sa cabane fumoir-studio-abri de jardin qu'on a réalisé le clip. On souhaitait prendre les artistes dans leur "milieu naturel", sauf pour El Da Sensei, mais là c'était une contrainte de temps. C'était important pour nous d'avoir le truc le plus simple et le plus naturel possible, tout est tellement chargé, complexe et dispersé aujourd'hui, on voulait revenir à quelque chose d'épuré: 1 vinyl + 1 clip, basta ! Et la même formule pour les deux autres EP's qui vont suivre à savoir : We Want More avec El Da Sensei de Artifacts et Natural High avec AG du DITC.

Et donc, tes projets en cours et à venir...

Niveau actu, le EP avec El Da Sensei est terminé, il est au mastering pour le moment et bientôt parti pour la révélation en vinyl. Pour le pressage, on a d'abord travaillé avec Celebrate en Allemagne mais cette fois ci nous travaillerons avec Record Industry en Hollande, question de facilité. Le clip avec El devrait sortir à la fin du mois de mars et le vinyl sera disponible un peu plus tard vers fin avril si tout se passe bien ! Celui avec AG, est entrain de se terminer...

Sinon l'album bien sûr! Je travaille déjà dessus, sur le concept et les atmosphères, pas mal d'invités, c'est vraiment en cours d'élaboration. Une prochaine date : le samedi 18 mai 2013 au Cadran à Liège pour la soirée Kick That Ass Slap #1 (ARTICLE CONCOURS A VENIR!), je jouerai aux côtés de : Grems, LeFtO, Funky Bompa, Onda Sonora, David Borsu, Double Axl, Dr Kwest, Phonetics, Nico Grombeer, Oshino, Freez & Peusnoo! Une fois le projet Whut Up Kid (1 Mixtape & 3 EP's) terminé, je peux déjà annoncer une deuxième mixtape qui s'appellera Stay Focus et qui introduira l'univers de l'album...

Pour suivre l'actualité de Deejay Koss, suivez les liens suivants...

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http://www.facebook.com/dimitri.koss.kousis
https://twitter.com/DeejayKoss
https://soundcloud.com/deejaykoss/






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