Nature One 2016 - Vision 2

Review - Le 26/08/2016 par Julie - Plus d'infos sur l'évènement "Nature One"

Tu comprendras le jour où tu y seras.

Tu comprendras le jour où tu y seras.

Un camping à perte de vue, peuplé de festivalier plus déjantés les uns que les autres, une affiche à se damner, une déco de ouf, un lâcher-prise total savamment désorganisé : il y a des festivals comme ça, dont on vous parle depuis des années, avec des airs d’initiés, « Nature One? Tu comprendras, le jour où tu y seras ». Nature One, c’est le Bilderberg des festivals. La Mecque des fêtards invétérés, le Lourdes des bipolaires en phase maniaque.

Bon. On a pris son balluchon. Quelques kilos de confettis. Des jouets pour faire rigoler les copains. Et on est allé voir ce qu’il se passait du côté de Kastellaun, charmant village complètement à l’Ouest (haha!) de l’Allemagne. « La ville offre des conditions idéales pour passer des vacances reposantes », dixit Wikipédia. Pile-poil ce dont nous avions besoin après un Dour éprouvant. En plus, on a un joli car pour l’excursion, gentiment organisée par Slim et Erika. La vie est belle, on écoute Ben Klock – parce que Maceo, c’est un peu mou, non? – et tout va bien. 

Jeudi, 18h. Nous voilà sur le site de Pydna*, où nous plantons vite fait bien fait notre tente, une petite guirlande par-ci, un petit lampion par-là, toute impatiente que nous sommes à l’idée d’enfin découvrir ce camping dont on nous rabâche les oreilles depuis quoi? Dix ans? On n’avait qu’à venir plus tôt, on sait, mais on avait Micro Festival. Hahaha.

Allez, on enfourche sa licorne et c’est parti pour la balade. Certes, il pleut. Certes, nos blagues passent middle (tu connais celle sur la moustache d’Hitler, qui fait Führer ?). Mais que c’est joli, toutes ces scènes, tous ces Sound Systems, tous ces bars, toutes ces constructions futuristes et éphémères. On rencontre des teletubbies. Des Saint-Nicolas. Des chats. Plein de copines licornes. Des choses rigolotes. Des choses bizarres. On apprend l’Allemand. Ich liebe mein einhorn. On boit des fonds de bouteilles dans un arrosoir. On s’invite sous les tonnelles, sous les chapiteaux, on est saouls. On danse. On rigole. On défend les couleurs de la Cité Ardente avec bravoure, sinon dignité. On va dormir, parce que c’est mieux. Demain, on a piscine.

Deutsche qualität 

Vendredi, midi. C’est l’heure du tour en navette, gratuit et efficace, deutsche qualität! Rien à dire, en respect des festivaliers, c’est quand même un autre niveau que chez nous. Premier arrêt: les magasins, de quoi refaire nos stocks de Beck’s. Deuxième arrêt, tant attendu: la piscine communale, qui passe pour l’occasion des sets techno à plein volume. Le temps de sautiller quelques minutes dans l’eau et de prendre le soleil, et hop, troisième arrêt: le centre du village de Kastellaun, où les restaurateurs voient leurs terrasses prises d’assaut par les festivaliers en goguette.

C’est bon enfant, c’est mignon, on fait du shopping, on s’offre un verre de rosé, puis, soudain, on se souvient: ON N’EST PAS LA POUR CA! Mais pour du gros boum boum. Alors, go, direction le site de la N1. Il est 20 heures, c’est l’ouverture des portes, une foule compacte s’amasse dans le petit chemin menant aux portillons d’entrée. Patiemment, on attend notre tour, fouilles, contrôles des tickets, et, enfin, on y est. Là, on se prend une claque. Quatre scènes principales, dont deux en plein air, auxquelles s’ajoutent une quinzaine de petites scènes réparties sous et sur les six bunkers de cet ancien site militaire. Du haut de la première colline, escaladée non sans mal (sérieux, il y a combien de blessés chaque année? Ceci est une vraie question adressée aux organisateurs), on admire le spectacle grandiose offert par l’immense pyramide qui chapeaute l’Open Air Floor. Tout est couleurs, lumières, technologies. Tout est amour.

Les basses nous parviennent de toutes parts. Minimale, House, Techno, Hardcore, EDM, … : il y en a pour tous les goûts, mêmes les plus bizarres. Les gens dansent le gabber, le shuffle, la valse ébriétique, c’est beau. Nous, c’est surtout sous le chapiteau Century Circus, agrandi cette année, qu’on va se trémousser, sur les sets grandioses de Dave Clarke, Len Faki, Chris Liebing et Sam Paganini. On se promène entre la BlakkSheep et l’Acide Warz. On découvre, émerveillés, un monde de tunnels, de portes dérobées, de salles à moitié cachées, de passages presque secrets. On se laisse conduire par la musique, on se perd et se retrouve. On termine à la Masters of Harcore, off course, avant de rejoindre notre tente, épuisée mais heureux.

Samedi, 18 heures: il pleuvine sur Kastellaun, mais il en faudrait plus pour saper notre moral.  Munis de nos plus jolies bottes et de notre doudoune, nous sommes parée pour de nouvelles aventures! Ça tombe bien, ce soir, l’affiche s’annonce plutôt sympathique: Adam Beyer, Boris Brejcha, Felix Kröcher, Sven Vath, … Excusez du peu! Et pour représenter fièrement nos couleurs, le liégeois Dany Rodriguez, en warm-up sous l'immense chapiteau Century Circus, et l’incontournable Marco Bailey un peu plus tard.

Des « Oh ! » et des « Waouh ! »

« C’est à quelle heure, le feu d’artifice ? ».  La question est sur toutes les bouches, personne n’est capable d’y répondre. Pourtant, j’dis ça, j’dis rien, mais sur le site, c’était écrit: 1h10. Les dernières notes du fantastique Papa Sven résonnent encore que dehors, les gigantesques éclairs de couleurs commencent à vriller le ciel. Tout le monde fait « Oh ! », tout le monde fait « Waouh ! », assis sur l’herbe humide. Apothéose, bouquet final et hop, on repart dans la chaleur du Tunnel ou de l’Abstract. On se livre à de petites expériences: sur quelle scène le public est-il le plus souriant? Résultat: plus la musique est commerciale, plus l’ambiance est conviviale. Du coup, on écoute un peu de tout, on découvre la très jolie Hexenhouse, on s’amuse comme des petites fous. 4h30, on s’empresse de rejoindre le Century Circus pour le live de Black Asteroid, explosif comme à son habitude.

Bientôt, le soleil se lève sur l’immense boule à facettes de l’Open Air Floor, on assiste au spectacle, du haut de notre bunker. Nous sommes dimanche. Notre camping n’est plus que confettis, paillettes, cotillons et artifices. Notre piscine ne ressemble plus vraiment à une piscine (mais y a-t-elle déjà réellement ressemblé?). Il est temps de rassembler notre baluchon, nos idées, notre courage. Plus que 363 jours à attendre.

 


* Toi aussi, parais super cultivé à la prochaine Nature One: le site porte le nom de Pydna en souvenir de la vache du propriétaire du champ, expulsé par les militaires américains afin de construire la base où se déroule aujourd’hui le festival.






Nature One 2016 - Vision 1

Publié le 26/08/2016

Ma troisième Nature One.

Nature One 2016 - Vision 1

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