Nature One 2016 - Vision 1

Review - Le 26/08/2016 par Elliott - Plus d'infos sur l'évènement "Nature One"

Ma troisième Nature One.

Ma troisième Nature One.

Après un Dour des plus agréables, direction la Nature One il y a une vingtaine de jours (on s'en remet presque) pour quatre jours de musique, de fête et d’amour. Surtout avec le sol. Oui, oui, celui sur lequel on est supposé marcher mais que j’ai décidé d’embrasser à de (trop) nombreuses reprises.

Je laisserai ici le soin aux éminences grises capables de différencier les quarante huit mille styles musicaux différents à Kastellaun de vous décrire la musique (Nature One 2016, vision 2), moi, je n’y connais finalement pas grand-chose, j’aime juste quand ça fait boom-boom. Alors je vais juste me contenter de vous raconter quelques moments de poésie, sans prétention aucune.

Mamy, s’il te plait, ne lis pas ce qui va suivre.

Bon, moi et les voyages en car à la Nature One, on n’a jamais été très copain. Ce n’est pourtant pas faute à Slim et Erika, organisateurs du car au départ de Liège, d’y mettre du leur pour nous y amener en toute sécurité, mais c’est comme ça, on ne peut pas lutter contre ces choses là. Je tiens tout de même à les remercier une fois de plus chaleureusement pour tout le boulot accompli. Mais entre les besoins de pisser qui vous font vous demander si vous allez être la risée du car (Nature One 2014) et les contrôles de police inopinés (Nature One 2015), j’étais préparé psychologiquement à vivre un mauvais moment.

Je me revois envoyer un message (qui me paraît aujourd’hui un brin prémonitoire) la veille du départ à un copain: « objectif de cette année, savoir marcher en arrivant la bas :D ». Lolilol Elliott, t’es trop marrant.

En relisant ce message ce lundi ce message, je suis partagé entre l’hilarité et la fierté de me connaître si bien à maintenant presque 27 ans. Parce que cette année, cocorico, je me rappelle même pas passer la frontière. Mieux, je m’étais semble-t-il déjà vautré 47 fois avant même d'arriver sur le camping. Les gens pensaient que je voulais violer le sol tellement je m’effondrais tous les cinq mètres.

Plus que des souvenirs, ce sont donc des sensations qui me reviennent en mémoire. Le goût immonde de ce Porto de merde à cinq euros du Aldi. Le contact léger et soyeux d’un sol rocailleux contre mes côtes. La douceur de l’asphalte sur ma main. Le doux son d’un pouce qui se retourne. Et cette bizarre sensation d’avoir fait de la merde. Mais de niveau ultime. De champion du monde.  

 Je me réveille donc vendredi à 5 heures du matin (l’heure du coucher reste une énigme) en me demandant un peu ce que je fous la. Ai-je dormi? Suis-je arrivé en Allemagne? Cette tente verte sera-t-elle mon tombeau? Une main en sang, un pouce mauve et l’obligation de faire des rouliboulis pour me lever suite à ce qui me semble être une côte pétée me rassure: j’ai du arriver à bon port.  

Il est toujours agréable d’entendre vos amis de longue date vous répéter qu’ils ne vous ont jamais vu dans un état pareil. Qu’on peut tomber une fois mais pas quinze. Qu’un tel a dû vous porter. Qu’un autre vous a relevé à d’innombrables reprises. Et que, qu’importe l’état de ma main, je peux toujours me brosser pour qu’ils m’aident à pisser.

Après quelques heures à relativiser mon état, force m’est de constater que me voila infirme. Si ma main me fait souffrir atrocement, ce sont mes cotes qui m’inquiètent le plus. Moi qui n’avais jamais vu leur utilité, voila que je comprends à quoi elles servent : faire souffrir abominablement les gens. Si Dieu existait, pourquoi diable aurait-il permis qu’un morceau d’os vous fasse souffrir dès que vous toussez/mouchez/pissez/rigolez? Et avec la bande de crétins qui me servaient de copains durant ces quelques jours, certaines de ces actions étaient tout simplement obligatoires.

Petit crochet par la Red Cross (qui n'est pas une des scènes du festival) sur l'insistance de certains qui pensaient sérieusement à une amputation. Agréable à vivre.

Elliott: « I fall and it’s blue »
Infirmière: « How ? »
Elliott: « Heu … Tent »
Infirmière: « Hum, ok, let’s see »

Elle appelle une armée d’urgentistes qui semblent tous tracassés donc je suis tracassé aussi. Sa mère, c’est MA main, MA nature one, jamais au grand jamais j’accepterai de me faire soigner si je dois bouger d’ici ne serait-ce qu’une seconde. Allez mourir. Mon peuple a résisté vaillamment deux fois à vos désirs d’expansion territoriale alors si vous pensez que je vais cracher sur mes ancêtres et accepter de payer un taxi un million d’euros pour aller dans un hôpital à 100 kilomètres d’ici sans me battre de ma dernière main valide, vous vous trompez sérieusement.

C’est mot pour mot ce que je leur aurais dit si j’en avais été capable. Mais le cerveau était visiblement touché lui aussi je me suis donc contentez d’un très à propos: « OK MEIN FRAULEIN CALL THE AMBULANCE I JUST HAVE  TO PREVENIR MEIN COPAINS ET I COME BACK TO YOU »

Je suis parti en courant (enfin, aussi vite qu'une cote cassée le permet) et j'ai plus jamais osé retourner à la croix rouge de peur qu'ils ne m'embarquent de force. Le bilan est probablement effrayant (on verra cela à l’autopsie après le festival), mais si je dois rester infirme jusqu'à la fin de mes jours ça aura au moins été pour une bonne raison.  Parce qu’indépendamment de mes souffrances ou de mes séquelles, et je comprends que cela n’ait aucun sens pour des personnes normalement constituées ou pourvues d’un QI supérieur à 24, ces péripéties ne sont rien face aux plaisirs/sourires/rires partagés avec des amis de longues dates ou d’autres que je ne reverrai peut-être plus. Aux kifs de voir certains de mes DJs préférés. A la pointe d’émotion en pensant aux personnes qui ont tenté de sauver mon pouce. A la joie de faire découvrir ce festival merveilleux à des amis qui n’y avaient jamais mis les pieds. A me dire que la vie est belle quand elle est faite de moments partagés avec des gens qu’on aime.

Pour toutes ces raisons, si on me dit qu’il faut partir demain pour une Nature Two, je signe des deux mains. Enfin, on se comprend.

Bisous bisous, à l’année prochaine.






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